Témoignages : ils ont choisi le cumul emploi-retraite !
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Témoignages : ils ont choisi le cumul emploi-retraite !

Il est parfois difficile pour les futurs retraités d’envisager de cesser totalement leur activité, d’autant plus quand ils aiment leur métier ! C’est le cas de Nadine et Alain, tous deux passionnés par leurs professions, qui ont trouvé un compromis en optant pour le cumul emploi-retraite. Une solution qui leur a permis de garder un certain équilibre de vie. Ils nous racontent… 

Alain, 64 ans, Architecte

Cela fait deux ans que je suis à la retraite sans vraiment l’être ! J’ai été diplômé très jeune, ce n’était pas comme maintenant, si bien que j’ai vite commencé à travailler et j’aurais pu m’arrêter complétement en mars 2014. Mais je ne me voyais pas tout stopper d’un coup. Je travaille dans un cabinet d’architecte à taille humaine, alors j’ai demandé directement à mon patron s’il était d’accord pour que je poursuive mon activité tout en diminuant mon temps de travail. C’est ce qu’on appelle le cumul emploi-retraite. J’ai trouvé ça plus intéressant que de cesser du jour au lendemain. Certaines personnes ne se rendent pas compte mais c’est assez angoissant de se dire qu’on ne travaillera plus jamais. Et il est vrai que j’ai la chance d’aimer mon métier, je m’imagine mal ne plus dessiner, réfléchir sur des projets, répondre à des appels d’offre… Ma demande a été acceptée, et depuis deux ans je travaille comme salarié du mardi au jeudi, ce qui me laisse de long weekend. Et bien au début, je trouvais le temps long malgré toutes mes passions : l’art, les balades à vélo, la pêche dans ma maison de campagne… Heureusement que ma femme était là pour me soutenir ! Elle a dix ans de moins que moi, autant vous dire qu’elle n’est pas prête de prendre sa retraite. C’est pas terrible non plus cette situation parce qu’on ne peut pas organiser des choses ensemble. Quoiqu’il en soit, je vis mieux désormais ce temps partiel, j’ai pris des habitudes de vieux garçon comme dit ma femme, je fais du vélo, des expos et j’avoue qu’il m’arrive de ramener du travail à la maison. Je n’ai pas évoqué la suite avec mon patron et tant qu’il ne me pose pas de question, je ne compte pas m’arrêter pour le moment… Je me laisse le temps !

Nadine, 63 ans, diététicienne

J’ai été indépendante quasiment toute ma carrière et j’adore mon travail, pour moi c’est une passion, une vraie vocation. Alors quand j’ai validé tous mes trimestres en avril 2015, je n’avais pas envie de m’arrêter d’un coup, notamment pour les patients que j’accompagne depuis longtemps. Il y a une relation de confiance installée et je n’avais pas envie de les guider vers quelqu’un d’autre sans transition, j’ai donc opté pour le cumul emploi-retraite. L’amie de ma fille, Caroline, venait d’être diplômée et je lui ai proposé de travailler avec moi. Cela lui permettait de bénéficier d’une partie de ma clientèle, et moi je pouvais poursuivre mais de façon moins intense. Je suis vraiment heureuse de ce choix. C’est ma nouvelle collègue qui reçoit principalement la nouvelle clientèle, et moi j’aménage mes rendez-vous sur deux jours par semaine. Mon mari est retraité journaliste, mais il continue aussi avec des piges ponctuelles pour des magazines. Si bien qu’on n’est pas en permanence ensemble, et on maintient nos cercles professionnels respectifs. Bien sûr on profite beaucoup plus qu’avant du bon temps avec des vacances et de nombreux weekends prolongés, mais on ne partage pas notre vie 24 heures sur 24, je crois qu’il y aurait plus de conflits parce qu’on est deux forts caractères. Finalement, je ne retiens que des avantages de cette situation, je profite en partie de la retraite, je travaille ponctuellement par passion et je suis toujours heureuse de retrouver mon mari pour organiser des virées en amoureux.

Nous avons rencontré Valérie Manelfe, coach Makawa, qui a répondu à nos questions sur le cumul emploi-retraite. 

Valérie Manelfe Pourquoi certaines personnes angoissent à l’idée de prendre leur retraite ?

Celles qui angoissent s’imaginent la retraite comme une fin : perte de leur activité pro, de leur statut, de leurs collègues, de leur « conditionnement » quotidien. La fin des rails sur lesquelles elles s’étaient positionnées dès leur jeunesse, avec plan de carrière à la clé, étapes à franchir, désirs, projections ; bref une dynamique qui prend fin. Avec, de l’autre côté de la « fin » professionnelle, l’entrée dans la classe des vieux, de nouveaux rails avec comme fin la maladie et la mort… C’est ainsi la perception linéaire et faite de compartiments successifs que ces personnes ont de la vie qui, selon moi, peut conduire à de l’angoisse.

Quelles sont les raisons de ces craintes ?

Je vois trois grandes raisons : d’ordre professionnelle (la fin de ce pour quoi les personnes se sont bagarrées depuis toujours, des bonnes notes à l’école à la réussite de leur carrière, étape par étape), d’ordre social (perte de statut, de sa place dans le monde essentiellement organisé par le travail, sentiment d’être un poids pour la société), d’ordre personnel (sentiment d’être vieux, inactif, vieillissant, peur de la maladie et de la mort).

Ils sont de plus en plus nombreux à opter pour le cumul emploi-retraite… Est-ce que cela permet de mieux préparer la transition ?
Oui, cela leur permet de progressivement avoir une perception différente de ce que signifie être en retraite : ce n’est pas une fin, on reste dynamique, on se construit un projet de vie qui finalement peut s’avérer plus positif que son ancien job. Cela permet aussi de vivre le regard des autres et de s’inscrire dans un projet socialement valorisé, davantage tourné vers « rendre service » « mettre à disposition ses compétences », « avoir du recul », etc. Cela dit, quelques personnes culpabilisent de ne pas laisser leur emploi à ceux qui n’en ont pas, compte-tenu du nombre de chômeurs en France..
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