Beau comme un senior avec la chirurgie esthétique ?
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Beau comme un senior avec la chirurgie esthétique ?

Après une augmentation de 8,2% en 2015, le secteur de la chirurgie esthétique a continué à croître de 8,3% en 2016. Un véritable phénomène qui ne concerne pas seulement les femmes, vu que les hommes sont de plus en plus nombreux à y avoir recours. Pour mieux comprendre cet engouement, nous sommes allés à la rencontre du docteur en chirurgie esthétique Jérôme Monnier. A 41 ans, il est réputé pour sa vision du métier et son sens de l’harmonie des courbes et des volumes. Il refuse l’outrance et veut essentiellement sublimer le naturel… Interview vérité.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir chirurgien esthétique ?

Beau comme un senior avec la chirurgie esthétique ?Dr Jérôme Monnier : C’est tout un cheminement intellectuel et émotionnel… A l’origine en commençant mes études de médecine, je pensais devenir médecin spécialiste. C’est au fur et à mesure des stages pratiques que je me suis aperçu qu’on passait beaucoup de temps à soigner sans guérir, j’ai eu un sentiment d’impuissance et de frustration dans de nombreuses situations. Mon premier passage en chirurgie a été une révélation, ça m’a immédiatement plu parce que j’ai trouvé ça vraiment concret, une réflexion rapide et synthétique avec un résultat immédiat. Avec la satisfaction d’avoir les mains en contact direct avec le corps du patient.

Et c’est seulement après que vous vous êtes spécialisé ?

C’est ça, après avoir passé le concours de l’Internat, j’ai choisi une spécialisation en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique pour cinq ans. Cette discipline me séduisait car elle passe par des cas difficiles de reconstruction comme les accidentés de la route ou les grands brûlés dont le but est de redonner une vie normale aux patients, mais aussi des cas plus légers de chirurgie plastique. Quoiqu’il en soit, il y a toujours avec cette notion d’esthétisme et d’harmonie.

La France a tardé à encadrer votre profession, il y a eu de nombreux scandales…

C’est vrai. Mais maintenant pour exercer les chirurgiens plasticiens doivent être titulaires d’un diplôme d’Etat avec parution au journal officiel : le Diplôme d’Etudes Spécialisées Complémentaires (D.E.S.C.) de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique. C’est une avancée fondamentale permettant aux patients de bien choisir un praticien spécifiquement formé et n’exerçant que cette chirurgie. Ce qui garantit un certain de niveau de qualité et de sécurité.

Et qu’en est-il des médecins qui exerçaient sans diplôme ?

Le but de l’instauration du D.E.S.C. était et demeure l’éviction de praticiens non qualifiés aux résultats aléatoires pour les patients. Résultat des courses, la profession est moins pointée du doigt, il n’y a plus de place pour la dérive.

Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans votre profession ?

Je déteste tout ce qui est caricatural dans la chirurgie esthétique, il n’y a aucune dimension de beauté dans l’excès ! Il ne faut surtout pas se conformer à des stéréotypes et bannir ce qu’on appelle dans notre jargon le «surgical look », soit le fait de voir que la personne a de toute évidence été opérée avec une apparence artificielle.

Concrètement, quel résultat recherchez-vous lorsque vous intervenez ?

De la subtilité, il faut que ça se voit sans se voir ! C’est-à-dire que si vous faites un lifting, le but n’est pas qu’on vous dise: « Mon dieu, mais qu’est-ce que tu as fait?! ». Il faut avoir l’air en pleine forme, reposé, mais surtout pas qu’on devine l’intervention. Et quand il s’agit du corps, des seins, par exemple il faut que ce soit en harmonie avec la silhouette et pas disproportionné. En somme, il ne faut pas pouvoir déceler la main du chirurgien derrière le résultat.

Et pour le vieillissement, qu’est ce vous préconisez ?

Le mieux vieillir ! Il faut qu’il y ait une corrélation entre la jeunesse psychologique de la personne et l’image que le miroir lui renvoie. A partir de 40, 45 ans, les demandes sont différentes dans la chirurgie du visage : lifting, paupières et injections. Mais aussi la chirurgie de la silhouette parce que le corps des femmes changent parfois avec la ménopause avec un passage de la silhouette gynoïde à une silhouette plus androïde, il s’agit alors de redessiner pour faire ressortir la féminité.

Et les hommes dans tout ça ?

Ils sont de plus en plus nombreux à me consulter. Les raisons sont souvent le ventre qui vient avec le temps, et surtout ils veulent renvoyer une image dynamique, notamment dans certains métiers. Quand un homme prend du poids, on dit qu’il se laisse aller maintenant, ils demandent donc une liposuccion. Et pareil au niveau du visage, ils veulent des paupières moins lourdes pour avoir un regard plus dynamique.

Pensez-vous que la société rejette la vieillesse ?

Non. Je trouve qu’il n’y a rien de pire que le jeunisme et il ne faut pas se méprendre : vieillir c’est normal. Par contre, je pense surtout que la société exige des personnes qu’elles conservent un côté performant. Faire jeune à tout prix produit tout l’inverse, on fait encore plus que son âge. Il faut toujours avoir l’air performant : dynamique, efficace, réactif… J’avoue que la société met une énorme pression à ce niveau, notamment dans le monde de l’entreprise.

Pour vous, le mot « vieux » est un gros mot ?

Très honnêtement je ne l’utilise jamais, de même que le mot « âgé » ou« sénior »… ça ne veut rien dire. Je croise des personnes de 35 ans qui ont 80 ans dans leur tête, et d’autres de 80 ans qui n’ont rien perdu de leur curiosité et de leur dynamisme. Finalement les personnes ne viennent pas me voir pour leur âge sur l’état civil mais pour leur âge psychologique.

Aujourd’hui on parle beaucoup de « médecine esthétique », ça regroupe quels procédés ?

Ce sont les produits injectables comme le Botox et l’acide hyaluronique qui vont traiter différentes zones du visage et qu’on peut utiliser en profondeur. Il y a aussi les techniques plus superficielles pour le corps comme la radiofréquence, les peelings et la cryolipolyse.

Est-ce qu’il y a un âge idéal pour commencer les consultations ?

Non. On ne nait pas tous égaux et on n’a pas les mêmes modes de vie. Mais si on veut être cohérent, plus tôt on consulte, plus tôt on prévient les éventuels effets qu’on ne désire pas. Concrètement, si une personne hésite trop longtemps pour un lifting, ça peut être trop tard, parce que la dégradation est trop importante pour avoir un résultat optimal. En fait, l’idéal est de consulter, ça n’engage pas forcément des interventions, c’est l’avantage de ma profession. Je peux préconiser des solutions superficielles ou plus complètes selon les patients.

Certains disent que quand on commence, on ne s’arrête plus…

C’est loin d’être vrai. Puis c’est mon rôle de médecin de délimiter les choses. Bien entendu, je refuse d’intervenir quand il y a des lubies ou une mauvaise image de soi-même. Il y a toute une dimension psychologique à prendre en compte. Le vieillissement est un phénomène global, on ne peut pas tout refaire !

Envie d’en savoir plus sur le Docteur Jérôme Monnier ? C’est ici ! 

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