Pierre Pouchairet : ancien flic à la retraite et romancier à succès.
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Pierre Pouchairet : ancien flic à la retraite et romancier à succès.

Pour certains la retraite est le moment idéal pour dévoiler ses talents cachés… Tel est le cas de Pierre Pouchairet devenu romancier à succès après avoir passé 32 ans dans la police. Pour Makawa, il a accepté de se confier sur son parcours passionnant de flic et sur son étonnante reconversion dans l’écriture de polars. Interview !

Racontez-nous un peu votre parcours dans la police…

A la sortie de l’école de police de Cannes-Ecluses, j’ai été nommé au sein du groupe criminel de la police judiciaire de Versailles. Un service prestigieux puisqu’il s’agit de la première brigade mobile, brigade du Tigre créée par Clemenceau au début du vingtième siècle. Je travaillais dans un groupe d’enquêteurs chargés d’enquêter sur des crimes de sang.

C’est impressionnant… Et vous y avez fait toute votre carrière ?

Pas du tout. J’ai quitté ce service pour la police judiciaire de Marseille, antenne de Nice, en 1987 où je suis resté jusqu’en 1998. Durant toute cette période j’ai travaillé dans un service de lutte contre le trafic de drogue. Et sur la Côte d’Azur, on ne manquait pas de travail ! J’y ai vécu mes meilleures années de police, les plus excitantes… De belles affaires, des interpellations mouvementées, une équipe formidable… Que du bonheur ! Mais il ne faut pas rester éternellement aux stups, c’est fatigant, éprouvant et même salissant. Il faut savoir en partir, les récents événements médiatiques le prouvent !

Alors qu’avez-vous fait ensuite ?

J’ai sauté sur une opportunité en devenant officier de liaison de la police nationale au Liban. Un rôle qui consistait à représenter la police française dans ce pays et à travailler en amont sur des organisations criminelles. Passionnant ! Après trois ans là-bas, un autre poste. La Turquie cette fois… et puis retour en France. Commandant, numéro deux de la police judiciaire de Grenoble. Un nouveau rôle, plus éloigné du terrain, j’avais vocation à y rester assez longtemps si Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur n’avais pas décidé d’ouvrir un poste à Kaboul…

Pierre PouchairetVous avez pris ce poste ?

Oui. Il n’y avait aucun candidat, on m’a donc démarché même si je n’avais pas vocation à repartir aussi tôt, j’avais deux jours pour me décider et j’ai accepté. Une décision pas facile mais qui a sauvé ma carrière puisque mon successeur à Grenoble se retrouve en ce moment sur le banc des accusés dans le procès du commissaire Neyret.

Ah oui, votre parcours est fascinant… Et que faisiez-vous à Kaboul ?

Je devais m’occuper de la coopération opérationnelle, mais aussi technique en participant à la réorganisation de la police afghane… Là encore des souvenirs et des souvenirs forts… Des drames, mais aussi des bons moments puisque j’ai rencontré ma femme là-bas…Travailler sur les trafics, les enlèvements, les attentats… C’est cette période qui m’a donnée envie d’écrire, de témoigner !

C’est là que votre seconde carrière d’écrivain a commencé…

Oui. J’ai pris ma retraite à cinquante-cinq ans, après avoir passé trente-deux années dans la police. J’aurais pu y rester quatre ans de plus, mais j’ai décidé d’interrompre ma mission pour rejoindre ma femme qui, elle, avait été nommée en Cisjordanie à Naplouse… Fin de la police et retraite.

Comment envisagiez-vous l’inactivité ? Vous angoissiez ?

Au départ, un peu d’inquiétude, c’est surtout les autres qui vous mettent la pression. Ils me disaient : « «Tu n’y arriveras pas, qu’est-ce que tu vas faire, tu vas t’ennuyer… ». C’est ce qu’on vous rabâche à longueur de temps et c’est ça qui finit par inquiéter !

Votre retraite est-elle différente de ce que vous aviez imaginé ?

Oui et non. Vraiment pour être honnête je n’avais pas prévu un plan de carrière retraite et je n’envisageais rien de spécial… Sinon de passer de bons moments : Courir, voyager, profiter… Mais je ne savais pas que je deviendrais écrivain.

Pierre PouchairetLa littérature, ça vous a toujours titillé ?

J’ai eu envie de témoigner sur l’Afghanistan, d’écrire sur cette période de ma vie qui me paraissait normale et qui ne l’était pas du tout ! Vivre au milieu des attentats, banaliser l’horreur et râler pour le seul fait que vous allez être détourné de votre route pour aller dans votre restaurant favori. Dormir avec un pistolet mitrailleur sur sa table de nuit… On trouve ça normal, jusqu’à ce qu’on y réfléchisse un peu. Et l’écriture m’a permis d’évacuer ça… Après ce premier témoignage j’ai eu envie d’écrire sur mes années de police et là j’ai préféré la fiction… Et voilà, j’en suis à mon quatrième polar.

Finalement, c’est votre carrière de flic qui vous inspire ?

Oui évidemment… Les polars doivent à mon sens apporter autre chose qu’une simple lecture d’une énigme, d’une aventure ou d’une action… Ce qui m’intéresse c’est de témoigner sur ce que j’ai vu ! L’Afghanistan mais aussi la Palestine, Israël, l’extrémisme religieux, le racisme… et il y aura d’autres thèmes. Tout cela en restant le plus objectif possible. Faire vivre des personnages simples, normaux, avec leurs espoirs et désespoirs…

Que pensent vos anciens collègues de votre reconversion ?

Ceux qui m’ont lu aiment bien mes histoires. Certains sont contents de se retrouver dedans.

Un message pour ceux qui pensent que la vie s’arrête à 60 ans …

La retraite c’est comme la vie professionnelle, il faut la vivre avec passion et plaisir. Trouvez un truc qui vous plaise et foncez… Faites-vous plaisir… C’est MAINTENANT !

Pour finir, la retraite c’est …

Du boulot ! (rires).

Envie de connaitre l’oeuvre de Pierre Pouchairet ? C’est ici ! 

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